Les données des Français sont devenues une cible stratégique. France Travail, l’ANTS, l’Éducation nationale ou encore dernièrement avec les services fiscaux : les intrusions se succèdent au cœur même des institutions qui concentrent nos identités, nos coordonnées, nos situations patrimoniales et nos numéros de sécurité sociale.
La fuite massive subie par France Travail a exposé les informations de près de 43 millions d’usagers, comme l’a rapporté Le Figaro en date du 13 mars 2024. (1)
Quelques années plus tard, une nouvelle brèche majeure touchait l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), exposant 11,7 millions de comptes selon l’analyse détaillée publiée par Cyberhack le 24 avril 2026. (2) À l’Éducation nationale, les compromissions d’accès professionnels ont touché des centaines de milliers d’agents, d’après les synthèses de Linfo.re du 24 mars dernier (3) et le dossier de la Banque des Territoires du 15 avril 2026. (4) Face à cette hémorragie, les autorités reconnaissent désormais un rythme moyen de trois vols de données par jour, détaillé dans le plan d’action sur le site officiel d’Info.gouv.fr. (5)
Ce ne sont pas de simples dysfonctionnements informatiques. Chaque base pillée ouvre la voie à l’hameçonnage ciblé, au couplage des données, à l’usurpation d’identité de masse et à la fraude financière. Plus grave encore, la divulgation des données de fonctionnaires : policiers, magistrats, enseignants… exposant directement les serviteurs de l’État à des risques de chantage et d’intrusions ciblées. Les alertes parlementaires relayées par Public Sénat (6) soulignent l’accumulation de retards coupables dans la protection de ces infrastructures critiques.
Où en sont les défaillances ? La CNIL a relevé chez France Travail une authentification trop permissive et des capacités de journalisation inadaptées à la détection des anomalies. Sanctionner après coup, à travers une amende de 5 millions d’euros répertoriée dans la veille juridique du Conseil constitutionnel, (7) ne remplace pas une politique de prévention. Quant aux promesses budgétaires étalées jusqu’en 2027, elles arrivent bien trop tard, la menace est quant à elle immédiate.
Debout la France refuse cette résignation. Nous rejetons les faux-semblants des prétendus « clouds de confiance » sous licences étrangères, qui perpétuent la dépendance de nos ministères aux géants technologiques américains. La France doit bâtir une souveraineté numérique réelle et opposable.
Nous exigeons le passage immédiat des déclarations aux obligations :
- Le verrouillage technique immédiat : authentification forte obligatoire, généralisation d’une architecture « zéro confiance », traçabilité stricte des connexions et cloisonnement étanche des bases de données régaliennes.
- Le contrôle effectif de l’ANSSI : audits d’intrusion systématiques dans chaque ministère et présentation d’un rapport annuel public sur l’état de cyberprotection devant le Parlement.
- Le développement d’une IA cyber souveraine : bâtir un grand modèle français dédié à l’audit de sécurité et au test d’intrusion automatisé, sous l’égide de l’ANSSI et de la recherche publique, pour identifier et corriger les vulnérabilités de nos administrations avant qu’elles ne soient exploitées par des puissances étrangères ou des pirates.
- Des communications sécurisées : terminaux et logiciels chiffrés souverains obligatoires pour l’ensemble des postes et personnels sensibles.
- Une préférence souveraine stricte : priorité absolue aux hébergeurs, infrastructures et logiciels libres maîtrisés sur le territoire français et soumis exclusivement au droit national.
- La responsabilité administrative et politique : établissement clair de la chaîne de commandement lorsque des vulnérabilités connues ne sont pas corrigées.
La France ne peut pas prétendre protéger son territoire et ses citoyens tout en abandonnant leurs données aux cybercriminels et aux puissances étrangères. Protéger nos données, c’est avant tout défendre nos libertés et restaurer ainsi notre souveraineté nationale.
Retrouvez toutes les propositions pour notre souveraineté industrielle et numérique dans le projet présidentiel de Nicolas Dupont-Aignan sur le site de Debout la France : https://www.debout-la-france.fr/projet/sciences-souverainete-industrielle/
Sources :
- https://www.lefigaro.fr/social/france-travail-victime-d-une-cyberattaque-43-millions-de-personnes-potentiellement-concernees-20240313 ;
- https://www.cyberhack.fr/blog/post/fuite-ants-consequences-reelles ;
- https://www.banquedesterritoires.fr/cyberattaque-des-donnees-deleves-piratees-au-ministere-de-leducation-nationale ;
- https://www.linfo.re/france/faits-divers/piratage-a-l-education-nationale-243-000-agents-concernes-par-une-fuite-de-donnees ;
- https://www.info.gouv.fr/actualite/cybersecurite-le-premier-ministre-annonce-un-plan-d-action-pour-renforcer-la-protection-numerique-de-l-etat ;
- https://www.publicsenat.fr/actualites/societe/piratages-de-donnees-on-na-pas-ete-au-rendez-vous-depuis-des-annees-on-en-paye-la-consequence-aujourdhui ;
- https://www.conseil-constitutionnel.fr/publications/titre-vii/la-vulnerabilite-numerique